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mardi 15 janvier 2013

Revue de détails : LES FORCES ARMEES MALIENNES ; de janvier 2012 à janvier 2013 I





L'attaque du camp de Ménaka par le Mouvement National de Libération de l'Azawad (MNLA), le 17 janvier 2012 marque le début de la crise militaire au Mali. Dès la fin de l'année 2011, de nombreux signes auraient dû alerter Bamako sur la gravité de la tempête à venir, mais Amadou Toumani Touré (ATT), chef d’État malien, ne prend que des mesures en demi-teintes : des éléments sont bien déployés au nord (plusieurs compagnies motorisées regoupant notamment 120 4x4, une trentaine de BRDM-2 ainsi que 18 BTR-60PB), mais ils restent insuffisants pour un territoire aussi vaste tandis que l'état de préparation des unités n'est pas optimum, loin s'en faut. Il s'agit pour le Président de ménager les susceptibilités touarègues tout en se donnant a minima les moyens de parer à toute éventualité.

Indécision relative (des opérations sont parfois menées) qui fait écho tant à la personnalité de l'homme qu'à son expérience des soulèvements nomades dans le nord du Mali : lors des précédentes rébellions, les mouvements irrédentistes n'ont eu de cesse de se désagréger, de se recomposer, de se combattre. C'est dans ce contexte qu'Iyad Ag Ghaly affronte d'ailleurs les autres organisations rebelles à la tête du Mouvement Populaire de l'Azawad, entre 1994 et 1995, après avoir été des leurs.

En outre, Algérie et Libye sont intervenues, aussi bien lors de la crise de 1990-1995 que de celle qui débute en 2006 avant de reprendre en 2008. A chaque fois, ces pays tiers négocient l'arrêt des combats avec plus ou moins de succès, sur la base d'accord plus ou moins réalistes, car sans la capacité matérielle pour les appliquer. Début 2012, c'est donc en toute logique qu'ATT joue la carte de l'inaction, ou peu s'en faut : elle convient à son caractère et le temps qui s'écoule s'est jusqu'à présent retourné contre les Touareg. 

Certes, désormais, Kadhafi n'est plus. Inutile, donc, de compter sur lui. Mais reste toujours l'Algérie pour réparer les pots cassés. Le Mali sollicite également la France par le biais de son ministre des Affaires étrangères, Soumeylou Boubèye Maïga ; la diplomatie malienne estimant que cette situation est la conséquence directe de l'intervention en Libye.

Malheureusement pour ATT (et le Mali), le MNLA dispose du renfort de « soldats perdus » de Kadhafi : des éléments touareg revenus de Libye quelques semaines auparavant, aux ordres du colonel Ag Najem. Dans leur sillage viennent d'autres groupes armés, qui eux, affirment se battre pour l'Islam : Ansar Dine, Aqmi et le Mujao. Les quelques mesures ordonnées par ATT ou prises par l'état-major ne suffisent pas : les garnisons isolées tombent les unes après les autres, les opérations de secours échouent dans la désorganisation la plus totale. Avec le coup d'état du 22 mars, la chaîne de commandement se brise. L'armée malienne s'effondre.


LES SERVICES DE RENSEIGNEMENT

A la veille de la crise de 2012, le service de renseignement stratégique de Bamako, la Direction Générale de la Sécurité d'Etat (DGSE ; à ne pas confondre avec la Direction Générale de la Sécurité Extérieure française), dispose de nombreuses « sources » au sein des communautés nomades. Naturellement, peu d'informations sont disponibles, il apparaît toutefois que ces sources ont plus ou moins bien relayé le risque d'une nouvelle rébellion ; néanmoins, même si le danger d'une rébellion a certainement été signalé, son ampleur potentielle n'a pas été appréhendée.

Pourtant, la DGSE a sans doute aussi bénéficié de mises en garde du Département du Renseignement et de la Sécurité (DRS) algérien, plus précisément de la Direction de la Documentation et de la Sécurité Extérieure (DDSE), organe de la DRS qui chapeaute les antennes présentes dans les représentations diplomatiques à l'étranger ainsi que les officiers de renseignement qui en dépendent. Les liens entre les services algériens et maliens se sont renforcés dès le début des années 1990 : la guerre civile commence alors pour Alger, avec des membres du Groupe Islamique Armé (GIA) qui ne tardent pas à faire du Sahara un sanctuaire et une zone d'approvisionnement en armes, tandis que dans le même temps, Bamako affronte une rébellion nomade qui prend de l'ampleur de l'été 1990 jusqu'à la fin de 1991.

Liens qui restent étroit tout au long des années 1990 : à n'en pas douter, la DDSE algérienne a ses entrées auprès de la DGSE malienne, garde un oeil sur ses activités quant au processus de paix avec les Touaregs, d'abord sous l'égide du général Saidi Fodil, puis à partir de 1994 sous l'autorité du général Hassan Bendjelti auquel succède finalement le général Rachid Laalali, alias Attafi. A noter aussi que l'attention épisodique portée par Kadhafi à la question touarègue fait que le Mathaba al'Tauriya al'Alamiya (office de la Sécurité Extérieure) libyen entretient lui aussi des relations avec le service homologue de Bamako.

C'est durant cette période, et très probablement via la DDSE, que Iyad Ag Ghaly se rapproche de Bamako et que son nom trouve dès lors sa place dans les carnets d'adresses des responsables de la DGSE malienne. En conséquence de quoi, peu après, il oeuvrera en tant que médiateur pour la libération d'otages occidentaux kidnappés par les Algériens du Groupe Salafiste pour la Prédication et le Combat (GSPC ; mouvement issu du GIA). Époque trouble qui voit la DGSE française, mais aussi le Bundesnachrichtendienst (BND) allemand prendre langue avec la DGSE malienne que dirige alors (de 1994 à 2002) l'ex-journaliste Soumeylou Boubèye Maïga. Quelques années plus tard, l'homme deviendra le dernier ministre des Affaires étrangères de l'ère ATT.

Suivent également, à la fin des années 1990 et dans le courant des années 2000 la Central Intelligence Agency (CIA) et la Drug Enforcement Administration (DEA), la première se préoccupant, dans la cadre de la guerre contre le terrorisme, des salafistes qui s'implantent toujours plus au Sahel, la seconde s'intéressant aux trafics de drogue qui transitent dans la région depuis la Colombie via les ports du golfe de Guinée. Comme dans la plupart de ses représentations diplomatiques, la CIA dispose d'une importante antenne à Bamako, d'où les Américains gèrent collecte d'informations et opérations clandestines contre les jihadistes. Ils semblent ne pas toujours coopérer avec les services de renseignements maliens, par manque de confiance – attitude qui n'est pas sans fondement - quant leur probité et à leur efficacité. En 2004, le Mali intègre, via sa DGSE, le Comité Intergouvernemental des Services de Sécurité Africains (CISSA) au sein duquel les responsables du service malien peuvent échanger avec ceux de l'Union Africaine.

Bien que née le 1er mars 1989, et donc relativement jeune, la DGSE malienne a derrière elle un solide « vécu » : depuis les rébellions touarègues jusqu'à la lutte contre les terroristes algériens en passant par celle contre les trafiquants et bandits divers... Inévitablement, ses personnels sont confrontés aux tentations d'où des suspicions de corruption et de complicité qui surgissent à plusieurs reprises, par exemple lors de l'assassinat du lieutenant-colonel Lamana Ould Bou tué chez lui le 11 juin 2009, par Al-Qaida au Maghreb Islamique (AQMI). Le palmarès de l'officier est la hauteur des controverses qui le ciblent : à ses succès contre les terroristes font écho de forts soupçons de corruption et d'accointance avec ces mêmes terroristes... A sa décharge, les activités de renseignement dans un contexte « chaud » comme l'est celui du Mali ne favorisent pas l'irréprochabilité.

Cinq mois plus tard survient l'affaire du Boeing d' « Air Cocaïne » : un appareil ayant acheminé plusieurs tonnes de drogue jusque dans le désert malien, et dont l'épave est découverte le 02 novembre 2009. Toujours la même année, le chef de la Direction de la Sécurité Militaire (DSM) serait impliqué dans un trafic de blanchiment de faux dollars... Le 28 février 2011, la DGSE défraie à nouveau la chronique : Béchir Sinoun, auteur d'une tentative d'attentat à la bonbonne de gaz contre l'ambassade de France de Bamako, le 05 janvier 2010, parvient à s'évader des locaux de la Sécurité d’État, entre deux interrogatoires ! Le DG, le colonel Mamy Coulibaly, est alors démis de ses fonctions le 1er mars 2011 ; il cède sa place à son adjoint, le contrôleur général de police Hildebert Traoré.

La piètre opinion qu'ont les Maliens de leurs services de renseignement, et tout spécialement de la DGSE, se nourrit de ces suspicions et scandales, mais aussi d'éléments plus concrets : le manque de discrétion de nombreux officiers, une corruption avérée, une propension au racket et aux activités illicites... Réputation sulfureuse d'un service qu'illustre encore l'affaire d'Abdallah Senoussi, chef de la sécurité intérieure de Kadhafi : détenteur d'un faux passeport malien, il est arrêté en Mauritanie le 17 mars 2012... D'aucuns estiment que la DGSE malienne aurait pu aider le Libyen, alors qu'il est pourtant recherché, notamment par Interpol.

Avec le coup d'état du capitaine Sanogo, c'est un des hommes-liges de ce dernier qui est placé à la tête de la DGSE de Bamako : Sidi Alassane Touré, ex-chef de la DSM...


MINISTERE DE LA DEFENSE ET DES ANCIENS COMBATTANTS

L'ARMEE DE TERRE MALIENNE AU 1er JANVIER 2012

Les matériels de l'armée de terre

Chars de combat : 12 T-55
Chars légers : jusqu'à 18 PT-76 Modèle 1951
Reconnaissance : 55 BRDM-2 (dont jusqu'à 44 d'origine bulgare livrés à partir de 2006, les autres d'origine soviétique sur un total de 20 livrés en 1975)
Véhicules blindés transporteurs de troupes : jusqu'à 44 BTR-60PB (dont jusqu'à 34 d'origine bulgare livrés à partir de 2008, les autres ayant été livrés, probablement par l'URSS, en 1982 ; quelques-uns avec tourelle surblindée)
Véhicules non blindés : jusqu'à 1 200
  • Légers : entre 800 et 1 000 4x4 (Toyota, ACMAT ALVT, Land Rover) dont certains équipés de mitrailleuses SG-43 ou SGM ou leur copie chinoise, ainsi que de quelques Type 85 (pour les ETIA et le RCP seulement), des VLRA
  • Lourds : peut-être 200 dont des camions de transport de troupes, des camions-citernes, quelques porte-chars Mercedes et Renault
Engins du génie :
  • Non blindés : quelques bulldozer Hanomag, peut-être 4 compacteurs, quelques stations mobile d'épuration d'eau, quelques bacs légers de franchissement (ex-allemands), camions bennes (ex allemands)
Artillerie :
  • Artillerie tractée :
    100 mm : 6 M-44 (livré en 1981 par l'URSS)
    122 mm : 8 D-30 (probablement livrés par l'URSS en 1984)
    130 mm : ? M-46
  • Lance-roquettes-multiples automoteurs :
    107 mm : Type 63 (montés sur des 4x4)
    122 mm : au moins 12 BM-21 (livrés à partir de 1982 par l'URSS)
  • Mortiers :
    60 mm : Type 63 (chinois, observés)
    82 mm : M37 (probablement livrés en 1967 par l'URSS)
    120 mm : 30 M-43 (livrés en 1967 par l'URSS)
  • Armement antichar :
    Missiles : AT-3 Sagger
    Canons antichars :
    85 mm : 6 D-44 (probablement livrés en 1975 par l'URSS)
    Canons sans-recul :
    73 mm : SPG-9 aperçus lors du coup d'état
  • Armement sol-air :
    Canons automoteurs :
    23 mm : 3 ou 4 ZSU-23-4M Modèle 1977 Shilka
    Canons tractés :
    14,5 mm : au moins 10 ZPU-2
Armement léger :
  • Pistolets-mitrailleurs : MAT-49 (stockés, en réserve)
  • Carabines semi-automatiques : SKS, Type 56 (copie chinoise du SKS)
  • Fusils semi-automatiques : peut-être quelques vieux MAS 49/56 (stockés, en réserve ?)
  • Fusils d'assaut : AK-47 et AKS-47, AKM et AKMS, Type 56 (copie chinoise de l'AK-47), Type 56-1 (copie chinoise de l'AKS-47)
  • Fusils-mitrailleurs : quelques RPK, RPD (en réserve?), Type 56-1 (copie chinoise du RPD ; en réserve?)
  • Mitrailleuses légères : PKM
  • Mitrailleuses : SG-43 et SGM (dont certaines montées sur 4x4) ou des Type 57 (copie chinoise de la SG-43) et Type 63 (copie chinoise de la SGM)
  • Mitrailleuses lourdes : quelques Type 85 (montées sur quelques quelques 4x4 des ETIA et du RCP)
  • Lance-roquettes-antichars : RPG-7 ou Type 69 (copie chinoise du RPG-7), quelques vieux RPG-2

Commentaires sur les matériels des forces terrestres

Les erreurs de The Military Balance 2012

Les données de The Military Balance 2012 réalisé sous l'égide de l'International Institute for Strategic Studies (IISS) constituent la référence la plus utilisée pour présenter l'inventaire des matériels, les effectifs et l'organisation des forces armées maliennes. Or, il s'avère que ces données sont reprises de parution en parution de l'IISS, avec très peu d'ajustements depuis... l'édition de 1987-1988 ! De fait, les éléments de l'inventaire ci-dessus ne sont pas un simple copié/collé de ce qui figure dans le volume de 2012, mais une évaluation menée à partir de sources récentes d'organismes internationaux, gouvernementaux ou privés, ainsi que d'observations visuelles.

A propos des blindés, tout d'abord, The Military Balance 2012 liste vingt chars T34/85. Au total, le Mali semble en avoir reçu dix en 1963, probablement fournis par l'Union Soviétique, puis vingt autres en 1981 ; quoi qu'il en soit, les vingt exemplaires toujours cités en 2012 ne sont probablement plus opérationnels au 1er janvier 2012, ou au mieux, utilisés pour l'instruction.

L'ouvrage évoque également dix-huit chars légers Type 62 (à ne pas confondre avec le char moyen T-62 soviétique), version « miniaturisée » du char moyen Type 59, tous deux fabriqués en République de Chine Populaire (le Type 59 étant une copie du T-54). La présence de ces blindés au sein de l'armée malienne constitue un mystère : les premiers exemplaires auraient été livrés en 1978, selon The Military Balance 1978-1979, à raison d'un premier lot de six engins. Cependant, rien ne vient confirmer l'existence d'un total de dix-huit Type 62 mentionné dans toutes les éditions de The Military Balance entre 1987 et 2012, alors qu'en revanche, Bamako aligne bel et bien un autre modèle de char léger, d'origine soviétique, le PT-76, qui lui, n'est recensé dans aucune des éditions, pas même celle de 2012.

Différentes vues du PT-76 ; les blindés maliens sont du modèle 1951 avec un canon de 76 mm (76,2 mm très précisément) D-56T, sans extracteur de fumée ni frein de bouche (légèrement différents du modèle ci-dessus, voir le croquis ci-dessous). Le PT-76 Modèle 1951, première version de char fabriquée en série entre 1951 et 1957, c'est donc un vieux véhicule, même dans les années 1980, ce qui accréditerait l'hypothèse qu'ils aient été obtenus par le Mali au début des années 1980. L'Allemagne de l'Est semble n'avoir livré ses PT-76 qu'au Mozambique, de fait, les engins reçus par Bamako seraient d'origine soviétique.



PT-76 de l'armée malienne ; remarquons la largeur prononcée du blindé amphibie, ce qui lui confère une meilleure stabilité sur l'eau. La faiblesse de son blindage constitue son défaut majeur ; son armement – canon de 76 mm et mitrailleuse SGMT de 7,62 mm ne lui permettent pas d'engager des chars adverses, mais contre des retranchements improvisés ou des blindés de type BRDM-2, BTR-60, voire d'autres PT-76 capturés par les rebelles et les jihadistes, il reste efficace. L'engin a été engagé dans de nombreux conflits : guerres indo-pakistanaises de 1965 et 1971, au Laos, au Vietnam du Sud... Pour l'heure, difficile d'établir précisément quand le Mali a reçu ses premiers exemplaires. Mais quoi qu'il en soit, l'armée malienne en aligne bel et bien. En bas à droite de la photographie, une mitrailleuse ZPU-1 de 14,5 mm en position de tir, ce qui permet de dire que la photo est postérieure à la bataille du nord ; Bamako ne disposait pas de ZPU-1 jusqu'au printemps.

Six Type 62 auraient effectivement été exportés par l'Empire du Milieu au profit du Mali, en 1977, comme en attestent des études américaines de 1993 et 1995 sur les ventes d'armes chinoises au Tiers Monde entre les années 1960 et 1990, mais en revanche, nulle mention de dix-huit exemplaires... L'auteur de ces lignes émet donc une hypothèse à ce sujet (qui, comme toutes les hypothèses, demande à être vérifiée ou infirmée) : aux six Type 62 chinois de 1977/78 se seraient ajoutés des PT-76, un premier lot de six fournis entre 1981 et 1982, par l'URSS voire l'Allemagne de l'Est, et un deuxième lot entre 1986 et 1987.

Des recherches dans des documents russes concernant les matériels fabriqués et exportés entre les années 1960 et 1980, n'ont pas permis de résoudre cette énigme, si ce n'est que les sources en question se montrent plus vagues, évoquant simplement « dix-huit chars légers », ce que sont à la fois les Type 62 et les PT-76... Cependant, le très sérieux Jane's Information Group apporte un élément intéressant : l'inventaire de l'équipement lourd malien, publié dans le courant des années 2000 ne mentionne pas de Type 62 mais bel et bien des PT-76. Ceux-ci sont toujours opérationnels en 2012, comme en attestent des photographies ainsi qu'un rapport des autorités maliennes, tandis que les Type 62 ne seraient plus en service depuis déjà bien longtemps.

D'autres erreurs sont à souligner, toujours en ce qui concerne « l'Arme blindée cavalerie » : sont retirés de l'inventaire de cette étude les trente BTR-40 (SIPRI n'en répertorie qu'un total de quinze exemplaires livrés) et les BTR-152. Les BTR-40, d'ailleurs erronément placés dans la catégorie « APC » (Armored personnel carrier ; véhicule blindé transporteur de troupes) alors qu'ils sont davantage, du fait de leur capacité d'emport réduite, des blindés légers à roues dédiés aux missions de reconnaissance, de liaison, et au commandement, ont été fournis en 1961. Quelques-uns ont été endommagés ou détruits pendant le conflit de 1990-1995 et aujourd'hui, plus un seul ne semble opérationnel : leurs carcasses sont visibles dans le désert et dans les camps de l'armée malienne. 

BRDM-2


En ce qui concerne les BTR-152 : le Mali en reçoit dix en 1975. Au moins un est détruit lors de la deuxième rébellion touarègue de 1990-1995, et de tous les véhicules rescapés, un seul serait vaguement en état de marche au 1er janvier 2012, à Gao, les autres étant de toute évidence en panne faute de pièces de rechange. Quant aux BRDM-2, The Military Balance 2012 avance le nombre de soixante-quatre, soit le total de véhicules de ce type obtenus : vingt de la part de l'URSS en 1975 et quarante-quatre de la Bulgarie livrés entre 2007 et 2009, là encore, sans tenir compte des pertes subies entre 1990 et 1995 puis à partir de 2006.

Enfin, dix BTR-60PB ont été fournis, probablement par l'URSS en 1982 ; quelques-uns sont sans doute perdus lors des différentes rébellions. Par la suite, trente-quatre autres sont achetés d'occasion à la Bulgarie. Dans l'inventaire qui précède est indiqué « jusqu'à quarante-quatre » BTR-60PB faute de connaître précisément le nombre de véhicules perdus et ceux utilisés comme « réserve » de pièces détachées, cannibalisés au profit des blindés toujours opérationnels.

BTR-60PB ; susceptible de transporter huit hommes (plus trois membres d'équipage), armé d'une mitrailleuse KPVT de 14,5 mm. Souvent désigné à tort comme «un « char », le BTR-60 est un véhicule blindé de transport de troupes. L'épaisseur de son blindage le rend vulnérable aux armes de 12,7 mm et de 14,5 mm. Sa mobilité stratégique (en utilisant des routes) est bonne ; en revanche, le véhicule est moins performant qu'un engin chenillé en tout terrain, notamment dans les sable.En théorie, le BTR-60 dépose les fantassins qu'il transporte, en les protégeant de la « ferraille du champ de bataille » (balles de petit calibre et éclats d'obus), avant de les déposer à une distance raisonnable de leur objectif, avant de les appuyer, toujours à bonne distance, de sa mitrailleuse KPVT. Face à un adversaire qui ne possède pas ou peu d'artillerie lourde, très mobile, à l'image des rebelles et jihadistes, un 4x4 avec une mitrailleuse lourde est tout aussi efficace, moins gourmand en carburant, et surtout, plus discret. Le BTR-60PB mesure en effet plus de 7 mètres de long et 2,30 mètres de haut. Dissimuler un véhicule dans le désert n'est pas chose aisée et un 4x4 est donc plus adapté.

(A suivre...) 


(Mis à jour le 02/04/2013)
Laurent Touchar

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