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vendredi 14 novembre 2014

Controverse : DE LA CRITIQUE DES MEDIAS, UN EXERCICE SAIN


Sous-marin K141 Koursk (photo via Wikicommons).




"Dans la disproportion de l'effet médiatique entre la mort d'un soldat les armes à la main et le décès d'un manifestant: Entièrement d'accord. Devons nous pour cela jeter une opprobre (un peu fascisante) sur les médias?
L'histoire militaire du XX° siècle est plein d'exemples où le silence a été l'apanage dans bien des cas, mais aussi l'éclairage d'une situation somme toute normale a été à la une des journaux . Ne pouvons que le constater, mais les citoyens occidentaux que nous sommes savent de plus en plus discerner les différences d'échos.
Pour la Russie, nous ne sommes pas en guerre, ce grand pays chrétien (et en grande partie européen) aura dans un avenir plus ou moins proche son utilité, surtout pour nous habitant de la vieille Europe.
"
(Ici, en réponse au billet précédent)


 Ce commentaire est des plus intéressants, générateur de réflexions diverses. Son auteur a raison de s'interroger quant à l'impression que peuvent donner mes récents billets, à savoir jeter l'opprobre (un peu fascisante) sur les médias. Néanmoins, il ne s'agit que d'une impression : des médias libres sont indispensables à la démocratie, je le crois. Cependant, la liberté des médias est-elle contradictoire avec la responsabilité, avec l'égalité de "traitement" des sujets ? En seconde partie, j'évoque le « cas russe » et enfin, je m'autorise une parenthèse sur les raccourcis et la ré-écriture de l'Histoire. Plan décousu, mais qui s'organise davantage comme une réponse argumentée que comme un billet à part entière.

 
Fasciste ?

Politiquement, je rejette les discours extrêmes, autant ceux de gauche que ceux de droite (discours que j'ai d'ailleurs dénoncés dans un de mes billets sur le site de Jeune Afrique, au sujet de l'Etat Islamique). Cela ne m'empêche pas d'avoir des convictions fortes, mais pas de celles qui crachent sur la Démocratie. Non, en ce qui concerne les médias, je déplore deux choses en particulier : l'appréhension du temps désormais définie par les nouvelles technologies de l'information, contraignant les rédactions généralistes à privilégier la vitesse et un indéniable antimilitarisme, ou au mieux, une profonde ignorance de ce qu'est l'institution militaire. Antimilitarisme et ignorance étant d'ailleurs liés.

Je suis patriote, oui. Dommage que l'affirmer aujourd'hui soit automatiquement interprété comme synonyme de « extrémiste de droite ». Au titre de patriote, donc, je déplore le regard fréquemment porté par des hommes et femmes de médias généralistes sur l'Armée française et ses actions, sur les services de renseignement. Certes, pas tous les hommes et femmes de médias : plusieurs observent et réfléchissent intelligemment (y compris dans la critique). Ceux-ci ne sombrent dans la rhétorique du cliché, de l'ironie primaire. Ils ne font pas preuve d'irresponsabilité ou de parti pris hypocritement déguisé en « liberté d'expression » avec des manchettes de révélations. C'est cela qui m'agace et, la liberté d'expression m'autorise à souligner, à répéter, à transmettre fort et clair que les militaires français font un travail exceptionnel en faveur de la paix et de la démocratie, avec un dévouement extraordinaire dans des conditions terriblement difficiles, depuis des décennies.

Je poste peu sur ce blog du fait de plusieurs travaux en cours (Bernard Fall notamment). Mais l'un de ces travaux passe désormais en P1 : un essai consacré aux rapports entre les médias généralistes français, leur regard sur la guerre (conflits armés en général) et ce qu'ils baptisent facilement « la grande muette » (sans d'ailleurs connaître l'origine de cette expression qui n'a rien à voir avec le manque de communication militaire), dans une perspective historique et générale. J'y analyse que, non, les journalistes ne sont pas devenus plus mauvais que par le passé, que pour beaucoup d'entre-eux (reporters), la situation n'est pas simple, qu'eux aussi font souvent un travail exemplaire.

Bref, si je m'autorise un peu de passion dans l'essai en question, j'y récuse également le cliché facile du « tous pourris » qui, lui aussi, serait inique à l'encontre de la profession journalistique. Il n'en reste pas moins qu'il suffit de se balader dans les articles de la presse généraliste pour constater que l'armée française est plus souvent décrite avec une évidente ironie qu'avec un respect solennel. Tout comme chacun est libre de cette ironie, je suis également libre de m'en offusquer et de ne pas l'apprécier. Quant à la critique des médias généralistes, elle n'est pas globale, mais porte sur des spécificités qui m'interpellent, voire m'irritent (culte de la révélation, espace de réflexion qui se réduit à l'aulne de la taille des écrans de smartphone, simplisme...). Est-ce pour autant que les journalistes sont inutiles ? Bien au contraire. Si le résultat intéresse un éditeur, il sera publié. Dans le cas contraire, je le mettrai en ligne intégralement, ici.


La Russie, proche de nous ?

Concernant la Russie... Nous ne sommes pas en guerre, non. Et je m'en réjouis. Je n'annonce pas non plus un inévitable et prochain conflit. Toutefois, je m'alarme de faits qui à mon sens – de ce que j'en déduis – nous annoncent de grosses tensions diplomatiques avec Moscou et, par extension, nous annoncent aussi des dangers inhérents à ces crises où l'ego peut vite prendre le pas sur la raison. La violence physique s'invite alors dans le débat. La guerre est bien la « continuation de la politique par d'autres moyens », mais aussi la continuation de la psychologie de dirigeants. De fait, la recrudescence d'interceptions d'avions russes, le jeu du chat et de la souris sur les côtes suédoises avec un (des) sous-marin(s) Piranha ne m'apparaissent pas comme étant de bon augure. Le tout dans la continuité d'un revers diplomatique de ce que j'appelle l' « Occident Atlantique » (par contraste avec l' « Occident de l'Est ») à propos de la crise syrienne à l'été 2013.

Et ce ne sont pas les seuls faits, à l'instar de la protection accordée par les autorités russes à Snowden. Nonobstant l'illusion d'un front commun suite au déclenchement de la « guerre contre le terrorisme », la Russie de Vladimir Poutine (je n'écris pas « la Russie », mais bien « la Russie de Vladimir Poutine ») n'affiche une sympathie pour l' « Occident Atlantique » que lorsque cela sert sa stratégie (l'ultimatum autour des BPC Mistral en fait partie). Je n'ignore pas que la Russie fait figure de pays chrétien, avec des valeurs proches des nôtres (culturellement parlant). Pourtant, quiconque se penchera sur la question sera ébahi de découvrir qu'une partie non négligeable de l'opinion publique russe, mais aussi des décideurs, sont au mieux méfiants, au pire radicalement hostiles vis-à-vis de l'  « Occident Atlantique ». Pas juste Washington, mais également l'Europe. La Pologne n'étant pas des moindres ; Varsovie le sait et sa politique de défense le traduit. Or, Varsovie est également proche de nos valeurs, est également un pays chrétien. Pourtant, son histoire conflictuelle (et sanglante) avec Moscou l'incite à la prudence...


Différences d'approches

Prenons un exemple édifiant : considérons le nombre de productions télévisuelles patriotiques russes, aujourd'hui. En d'autres temps, celles-ci auraient été appelées de la « propagande ». Héros de l'Union Soviétique, opérations de la Grande Guerre Patriotique, efficacité de l'armement russe hier, aujourd'hui, demain... Je n'ai pas de statistiques pour étayer ce qui suit, il ne s'agit donc que d'une observation personnelle qui demande à être vérifiée : de visu, donc, les Etats-Unis réaliseraient (et diffuseraient) considérablement moins de documentaires, séries télé, téléfilms et films de cet acabit. Productions dont le contenu est souvent ahurissant en terme de relecture « orientée » de l'Histoire. J'invite le lecteur à en visionner quelques-unes, par exemple via Youtube. Il vérifiera par lui-même que ce qui précède... repose sur des faits bien concrets, qui ne peuvent être niés.
 

Un exemple parmi des centaines d'autres (littéralement) ; un reportage de la chaîne RT, chaîne d'information en continu de l'agence médiatique gouvernementale RIA Novosti, sur les Spetsnaz... Rien que sur la RT, le nombre de sujets de ce genre est considérable. Comme si France 24 produisait des dizaines de reportages sur l'Armée française, son armement, son efficacité, ses guerres, le tout sous un jour autrement plus laudateur que ce que celui pour parler de nos forces, avec un esprit très anti-occidental (France comprise). Et la RT n'est pas une exception... En conséquence de quoi - et cela nous échappe par trop - oui, il y a bien une "information" patriotique russe dense et pas franchement amicale.

Ils glorifient le culte de la résistance à l'ennemi nazi. Ont-ils tort ? Non : le nazisme était à abattre, à éradiquer. Là où il y a lieu d'être nettement plus mitigé et surtout, où il y a lieu de ne pas être aveugle, c'est que dans lesdites productions (mais aussi les discours), l'ennemi nazi est insidieusement relié à l' « Occident Atlantique », par d'incroyables raccourcis. Les sondages l'illustrent : un grand nombre de Russes ne veulent plus voir leur pays humilié comme il l'a été à la fin des années 1980 et nous perçoivent comme ennemis, confortés en cela par des discours politiques et médiatiques. Parmi ces Russes, beaucoup fulminent de cet effondrement et sont fiers des gesticulations de leur chef et de leur armée. Je ne caricature pas : il suffit de demander à un Russe ce qui est responsable du naufrage du Koursk, quatorze ans plus tôt. Tous ne répondront pas qu'il s'agissait d'un accident et confieront qu'il a été coulé par un sous-marin de l'OTAN ou américain. Et ne nous y trompons pas, pour le Russe lambda, l'OTAN, c'est aussi la France.

J'invite aussi le lecteur à lire les déclarations de Mikhaïl Gorbatchev pour qui le monde est aujourd'hui à la veille d'une nouvelle Guerre Froide. L'ancien Secrétaire général du parti communiste soviétique souligne notamment « qu'ils veulent commencer une nouvelle course aux armements », idée très présente dans les médias russes. Or, les entités de défense de Washington à Berlin ne sont pas au mieux de leur forme, entre les réductions d'effectifs, les délais (voire abandon) de programmes, les coups de rabot budgétaires... En revanche, les ambitions russes ne manquent pas d'être affichées... Est demandé à Gorbatchev qui est le « ils » ; sa réponse va dans le sens de ce qui précède. Les Russes ne sont pas nos ennemis, mais Poutine a-t-il envie d'être notre ami sincère ?


Parenthèse sur la perception de l'Histoire : ré-écriture, de 1914-1918 à Zemmour

Parenthèse indispensable pour éclairer autrement la logique de la ré-écriture russe de 1939-1945, notre propre ré-écriture de la guerre de 1914-1918. Non, elle n'a pas été menée qu'avec des gens « qui ne pensaient qu'à rentrer chez eux ». Dans nos contrées, nous célébrons le début de la Grande Guerre. C'est bien. Toutefois, je note que nous ne parlons que de victimes, jamais de combattants. Par ailleurs, nous ne distinguons plus vainqueurs ou vaincus. Même si des historiens (et plus anecdotiquement, des éditorialistes) s'inscrivent dans cette logique, je la trouve dangereuse.

Dans une guerre, il y a des vainqueurs et des vaincus (même si les choses sont plus complexes géopolitiquement, socialement, humainement, etc). Cultiver qu'il n'y a ni vainqueur, ni vaincu mais juste des victimes, c'est mettre sous le tapis, comme de la poussière dont on ne sait pas quoi faire, le nationalisme vindicatif de nombre de soldats qui se battaient rageusement sur le front (pas uniquement des hommes politiques ou des gens de l'arrière, donc). Quid aussi de l'héroïsme (pour les camarades, pour survivre, par folie, voire même pour la Patrie) ? Quid de ceux qui « détestaient le Boche » sans avoir besoin de la propagande outrancière de l'arrière pour cela1. Le film (adapté d'une série d'ouvrages) Capitaine Conan, de Bertrand Tavernier, est pour quantité d'historiens très réaliste. Or, dans celui-ci, la combativité, la bravoure, la frénésie guerrière y sont narrées (bande annonce ici et, un commentaire de Bertrand Tavernier sur son film ; l'ensemble du propos est intéressant mais pour ceux qui ne voudraient pas tout écouter, je recommande de le faire à partir de 5'20).

L'auteur sait de quoi il parle : mobilisé en 1914, sa vue déficiente lui vaut de servir comme brancardier. Sous le feu ennemi, il évacue les blessés et les mourants lors des terribles batailles du début de la guerre. Pour combler les pertes en officiers, l'armée française fait flèche de tout bois. Vercel entre donc à Saint-Cyr. Il participe encore aux meurtrières batailles de l'Yser, de Champagne et enfin de la Somme où les Britanniques (et troupes du Commonwealth) ne sont pas seuls à combattre. Il part ensuite sur le méconnu front d'Orient. Expérience qui lui servira d'inspiration pour son oeuvre qu'il rédigera après la guerre, devenu professeur de lettres. Ses positions antisémites durant la Seconde Guerre mondiale lui vaudront d'être mis à la retraite d'office en 1945 (voir sur Wikipedia).

Ce genre de raccourcis sur des soldats qui n'auraient aspiré qu'à la paix universelle n'a rien à envier aux sornettes d'Eric Zemmour sur Vichy « protégeant » les juifs français. Plus de trente-six mille d'entre eux (sur environ 180 000) avaient combattu en 1914-1918, courageusement, versant eux aussi leur sang pour la France. Dès lors, des fonctionnaires de Vichy redoutaient que l'arrestation et la déportation de ces anciens combattants nuisent au régime, qui, justement, s'appuyait beaucoup sur la symbolique de la Grande Guerre et de ceux des tranchées commandés par un Pétain économe en vies2. Si les juifs français ont été relativement « épargnés », nulle compassion chrétienne de Vichy, mais un calcul par « contrainte » politique : ne pas se mettre à dos quantité d'ex-Poilus de 1914-1918.

Même les plus antisémites n'auraient pas apprécié de voir leurs frères d'armes arrêtés et expédiés vers un inconnu inquiétant. Ainsi, lorsque est créée en 1940, suite à la défaite, la Légion Française des Combattants, qui voit fusionner toutes les associations d'anciens combattants, ceux de confession juive peuvent y adhérer. Le colonel François de la Rocque est alors un des piliers des associations d'anciens combattants, fervent catholique (d'aucuns diraient « traditionaliste »). En 1936, son mouvement compte plus de 300 000 membres (la France compte alors 41,5 millions d'habitants)3. Il dénonce l'antisémitisme. Il contribue de facto à ce que Vichy se montre plus attentive à ces « Français à l'étoile jaune » qu'aux autres. Malgré tout, plus de 4 000 seront déportés. On le voit, Pétain n'a certainement pas agi par grandeur d'âme. N'en déplaise à Monsieur Zemmour4.

Les Russes ré-écrivent l'histoire de la Grande Guerre Patriotique comme cela leur plaît. A ce titre, en dépit d'une position officielle de Moscou depuis 2010, la présentation du massacre d'officiers polonais – en majorité chrétiens – à Katyn, est elle aussi édifiante. Si Vladimir Poutine condamne, il a également minimisé le crime. Les exactions soviétiques en 1945 font partie de l'abominable histoire de cette guerre. Le génocide commis par les nazis ne justifie absolument pas la barbarie d'une partie des troupes soviétiques en 1945. Même les déportées en « errance » sur les routes des territoires libérés, livrées à elles-mêmes, gardes SS en fuite, étaient la proie de soldats soviétiques ivres de vengeance... La guerre de 1939-1945, c'est aussi cela. Tout comme celle de 1914-1918, ça n'est pas que des soldats victimes tous fraternellement endormis dans la mort. Le cliché d'une armée prête à mourir pour son pays comme un seul homme, la fleur au fusil ne vaut pas mieux. L'histoire est bien plus complexe, à l'instar de la géopolitique.


En conclusion, non, je ne suis pas fascisant, je réfléchis à partir de ce que je vois. Je l'exprime ensuite tel que je le conçois, sous l'inévitable prisme de mes connaissances et de mon expérience, mais en m'efforçant de garder à l'esprit un contexte global, la réalité de l'Autre. Je ne suis pas fascisant. Je ne suis pas haineux vis-à-vis des médias généralistes. Je ne suis pas non plus anti-russe. Je m'efforce de m'adonner à la recherche à la manière d'un criminologue qui n'envisage pas uniquement un aspect du crime, mais qui considère aussi la réalité du criminel, celle de la victime, celle de leur(s) environnement(s) respectif(s) ou commun(s).

  Merci à ceux qui auront eu la patience de lire jusqu'au bout.




NOTES

1 Un exemple parmi des centaines de milliers d'autres : « Ignoble race de boches. Je ne sais ce que l'avenir me réserve. Mais si l'occasion s'en présente, je le vengerai. » écrit le 27 novembre 1915 par Marcel Papillon au sujet de son frère qui vient d'être tué, in Lettres du front et de l'arrière 1914-1918, Grasset 2004.
2 A noter que le controversé général Mangin n'était pas le monstre sanguinaire généralement décrit (idem pour Nivelle). Il est ainsi l'un des rares, en 1914, à être mitigé quant à la doctrine de l'offensive à outrance, si coûteuse en hommes. Et si les propos racistes qui figurent dans « La force noire » sont évidemment condamnables, ils sont également à replacer dans le contexte de la France coloniale. Mangin était ainsi un des rares à reconnaître des qualités combattantes aux soldats africains quand d'autres – ceux qui les « défendaient » - ne les présentaient que comme de grands enfants naïfs. En somme, comme des idiots. De fait, le général Mangin avait une affection paternaliste, mais affection tout de même, pour ceux qu'il commandait (Blancs ou Noirs, Noirs ou Blancs). Enfin, il détestait Pétain qu'il considérait, semble-t-il, comme un opportuniste.
3 Il sera arrêté par la Gestapo en 1943, puis déporté. Il décède peu après sa libération, sa santé ayant décliné du fait de ses conditions de détention...
4 Le travail de Robert Paxton est considérable et excellent. Si l'anecdote suivante n'a pas valeur de preuve irréfutable, elle dit bien ce qu'elle veut dire. Le grand-père de l'auteur de ces lignes était à Vichy de 1940 à 1944, gendarme au sein de l'escorte motocycliste du maréchal. Fonction idéale pour entendre les conversations des uns et des autres, les tracas et arcanes de cet « univers » bien à part qu'était Vichy. Peu à l'aise avec l'écriture, mon grand-père n'a jamais voulu rédiger ses mémoires. Quatre ans avant sa disparition, je lui suggérai de lire l'ouvrage de Paxton. Ce qu'il fit. Etonnamment car il n'était pas non plus un grand adepte de lecture. Il me raconta ensuite la récurrence, dans les conversations, du problème des anciens combattants et de la « question juive » ; leurs probables réactions hostiles à l'arrestation puis à la déportation en Allemagne de leurs camarades de front. Juifs, certes. Mais camarades de front avant tout. Il ajouta en substance : « C'est vrai, tout ça. » Il se tut ensuite et, malheureusement, n'en parla plus jamais.


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